24 août 2020

Insecticides, répulsifs, huiles essentielles… que choisir pour lutter contre le moustique tigre ?

Insecticides, répulsifs, huiles essentielles… que choisir pour lutter contre le moustique tigre ?

Insecticides, répulsifs, huiles essentielles… que choisir pour lutter contre le moustique tigre ?

Un nouvel invité plutôt gênant s’incruste chaque été, depuis bientôt 16 ans, dans nos soirées à l’extérieur ou lors de nos petits-déjeuners en famille : le moustique-tigre. Il vient parasiter ces moments de retrouvailles alors pour tenter de subir le moins possible sa présence, chacun s’équipe de son arme "magique". Bracelets, pulvérisateurs, spirales, diffuseurs d’huiles essentielles… Les fabricants usent d’imagination et d’inventivité en sortant chaque année des nouveaux outils pour combattre cet insecte venu des forêts asiatiques. Mais ce remède miracle existe-t-il vraiment ?
La première solution, la plus efficace, économique et écologique reste la recherche des points d’eau ou "gîtes larvaires", comprendre ici, les lieux propices à la ponte des œufs. Il suffit une fois par semaine de faire le tour de son extérieur et de déceler ces endroits. Cela peut être des seaux, des vases, des soucoupes. Le moustique-tigre peut également aimer pondre près des écoulements de gouttières, dans des pneus ou des boîtes de conserve. Le tout est de détruire ces espaces pour éviter la prolifération.
Dans le cas où l’insecte est déjà présent un certain nombre de solutions existent. Mais comme le rappelle Grégory L’ambert, entomologiste médical de l’Entente Interdépartementale de Démoustication (EID) Méditerranée "si la solution parfaite et miraculeuse existait on le saurait". Il existe cependant des moyens très simples pour limiter la gêne. À commencer par les vêtements que l’on porte. "On conseille des vêtements longs, amples et de couleurs claires", détaille le chercheur spécialisé en insectes. Une personne habillée en noir, avec des vêtements serrés et cours aura donc plus de chances de se faire piquer. L’installation de moustiquaires aux fenêtres est également efficace pour limiter la présence de cet insecte. Autre technique simple : l’utilisation d’un ventilateur à grosses pales. "Il ne vole pas très bien donc si l’on met l’air en mouvement au niveau des jambes, on va limiter les risques", explique encore Grégory L’Ambert.

Les insecticides, plutôt efficaces

Si l’on souhaite enclencher la vitesse supérieure ou si l’invasion est trop importante, l’utilisation d’insecticides peut fonctionner. "C’est à utiliser avec parcimonie parce qu’il n’est pas très bon de respirer un air qui contient de l’insecticide", alerte le chercheur. Les diffuseurs d’insecticides qu’on branche aux prises ont prouvé leur efficacité tout comme les bombes aérosols. "Inutile d’asperger toutes les deux minutes. Si une chambre est infestée, il faut vaporiser puis aérer la pièce et envisager l’installation de moustiquaires", conseille le scientifique de l’IED.

Les répulsifs, tranquillité limitée

Si l’objectif est de passer une soirée dans le jardin en toute tranquillité, l’usage des répulsifs peut-être une bonne solution. "Quatre molécules identifiées ont prouvé leur efficacité", détaille l’entomologiste. Forcément dans les rayons des pharmacies ou des grandes surfaces, les références sont nombreuses. Il est donc conseillé de choisir un répulsif à base de DEET à des concentrations de 25 et 30 % ou de l’icaridine ou encore de l’IR3535. Il suffit de regarder sur le flacon la composition du répulsif. "Attention aussi à ne pas se badigeonner le corps toute la journée avec ses produits, un nombre maximal d’applications est indiqué", rappelle le professionnel. Les spirales que l’on brûle peuvent s’avérer productives mais "il faut qu’elle contienne un peu d’insecticides sinon elles ne servent à rien". Du côté des amateurs d’huiles essentielles, il est possible d’en utiliser comme celle de citronnelle. "Aucune étude sérieuse ne permet de prouver son efficacité. On sait par contre que cela protège une dizaine de minutes et sur une zone du corps très limité", assure le spécialiste. Maintenant au rayon des répulsifs qui ne fonctionnent pas du tout on peut cite les bracelets antimoustiques. Le ministère de la Santé recommande même de ne pas en porter. Parmi les gadgets, la fameuse raquette électrique est relativement efficace dans la mesure où l’on réussit, à atteindre le moustique en vol, sans cela, elle s’apparente plus à un jouet.

Vigilance autour des pièges

Ceux qui veulent littéralement éradiquer la présence de cet envahisseur pourraient être tentés d’y mettre les moyens et donc le prix. "Avec les pièges, c’est vraiment la jungle, il y a vraiment de tout", prévient Grégory L’Ambert. À titre d’exemple, les pièges à moustiques équipés de lampes UV ne sont que très modérément efficaces. "Surtout, on tue tout un tas d’autres insectes comme des papillons, on peut faire un véritable génocide", avertit le chercheur de l’EID. Il est donc préférable de n’allumer ces dispositifs que lorsqu’on est dehors et importunés. Inutile de se procurer les pièges dits à ultrasons, "c’est inefficace". La version artisanale, utilisant un mélange de levure et de sucre dans une bouteille en plastique découpée, peinte de couleur noire, n’affiche pas non plus de bons résultats. "Les pollinisateurs étant attirés par le sucre, ces pièges vont capturer quelques moustiques contre une centaine d’autres insectes utiles dans le jardin", argumente encore le spécialiste.
Par contre, certains appareils peuvent s’avérer utiles. C’est le cas de ceux qui diffusent un mélange de Co2 et d’autres substances simulant l’odeur de la présence humaine. Initialement utilisés par les scientifiques, ces outils ont été commercialisés au début des années 2000 pour le grand public. Attention, tout de même, les femelles moustiques vont privilégier les personnes pour prendre leur repas de sang plutôt que le piège. Il est donc essentiel de le placer à un endroit stratégique, par exemple, entre son voisin et la zone qu’on souhaite protéger. Les résultats peuvent être positifs mais ils peuvent représenter un coût, variant selon le modèle de 80 € à 1 200 €.
En résumé, il existe beaucoup de possibilités mais elles sont toutes à prendre avec précautions. La meilleure résolution reste bien évidemment de détruire les lieux où naissent les larves.
Anaïs Mustière

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