25 août 2020

Apoxyomène du Vatican



« Apoxyomène » (en grec ancien ἀποξυόμενος / apoxuómenos, de ἀποξύω / apoxúô, « racler, gratter ») est le nom générique donné dans la statuaire antique à la représentation d'un athlète en train de se nettoyer après l'effort, se raclant la peau à l'aide d'un strigile.



Artiste
Date
Type
Matériau
Hauteur
205 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Collection
N° d’inventaire
1185Voir et modifier les données sur Wikidata
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Découverte

En 1849, dans le quartier romain du Trastevere, des ouvriers découvrent dans les ruines de ce qu'on croit alors être des thermes romains la statue d'un jeune homme nu se raclant avec un strigile[1]. Son premier commentateur, l'architecte et antiquaire Luigi Canina, l'identifie comme une copie du sculpteur grec Polyclète[2], mais dès l'année suivante, l'archéologue allemand August Braun[3] y reconnaît une copie d'un type en bronze de Lysippe (vers 330-), que nous connaissons uniquement par une mention de Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle : « [Lysippe] réalisa, comme nous l'avons dit, le plus grand nombre de statues de tous, avec un art très fécond, et parmi elles, un athlète en train de se nettoyer avec un strigile (destringens se)[4]. »
Le type est fameux dès l'Antiquité : toujours selon Pline, la statue est consacrée par le général Marcus Agrippa devant les thermes qui portent son nom. L'empereur Tibère, grand admirateur de la statue, la fait enlever et transporter dans sa chambre. « Il en résulta une telle fronde du peuple romain », raconte Pline, « qu'il réclama dans les clameurs du théâtre qu'on restituât l’Apoxyomène et que le prince, malgré son amour, le restitua[4]. »
Braun se fonde d'une part sur la pose de la statue, d'autre part sur les remarques de Pline sur le canon lysippéen, plus élancé que celui de Polyclète[5] : effectivement, la tête est plus petite par rapport au corps, plus fin — il faut toutefois remarquer qu'à l'époque, le Doryphore n'avait pas encore été reconnu comme tel[6]. Dans l'ensemble, les arguments avancés par Braun sont assez faibles[7] : d'abord, l'athlète au strigile est un type commun dans l'Antiquité. Ensuite, le canon élancé, bien qu'utilisé de manière intensive par Lysippe et son école, n'est pas spécifique à cet artiste : on le retrouve par exemple dans les combattants de la frise du Mausolée d'Halicarnasse[8]. Cependant, malgré des contestations, l'attribution à Lysippe est largement admise aujourd'hui[9].
La statue jouit d'une grande popularité dès sa découverte. Elle est restaurée par le sculpteur italien Pietro Tenerani qui complète les doigts de la main droite, le bout du nez, restitue le strigile disparu de la main gauche et cache le sexe de l'athlète par une feuille de vigne[10] — ces restaurations ont été supprimées récemment. De nombreux moulages en sont réalisés. Jacob Burckhardt la cite dans son Cicerone (guide de Rome) de 1865[11].


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