24 août 2020

Dans les laboratoires, la fièvre des tests Covid

Dans les laboratoires,  la fièvre des tests Covid

Réalisé avec minutie par Stéphanie, le test dans chaque narine ne prend que quelques instants.

Bientôt, la salle d’attente du laboratoire Top Bio, chemin de l’Ormeau, ne suffira plus. Les patients défilent, tous venus ici pour le même verdict. Certains avec une ordonnance ("j’ai une rhino-pharyngite et le médecin me l’a proposé" glisse cette retraitée), la plupart sans prescription ("J’ai eu des tests positifs dans mon entourage, je n’ai pas de symptôme mais c’est pour rassurer tout le monde"), voire sans raison particulière, "juste pour savoir".
Si le laboratoire se remplit, la prise de rendez-vous est obligatoire avant de satisfaire au test PCR. D’ailleurs, le téléphone s’agite frénétiquement chez les secrétaires qui jonglent avec l’accueil physique. Ce vendredi après-midi, les premiers créneaux disponibles sont pour mardi matin, d’où la nécessité, dans la mesure du possible, d’anticiper. "Ça génère souvent de vives tensions, notamment au niveau des résultats qui n’arrivent en moyenne que deux jours ouvrables plus tard, précise Joël Tuech, le biologiste responsable du laboratoire. On se retrouve pris à partie par des gens qui en ont besoin pour un voyage ou une opération et s’y prennent au dernier moment, alors que c’est indépendant de notre volonté." Ici, les tests sont envoyés à Pau alors que ceux des autres laboratoires partent vers Toulouse.

+60 % d’activité globale

Ce vendredi justement, le prélèvement est réalisé par Stéphanie Orazi, infirmière déjà investie sur le centre Covid durant la crise et qui vient prêter main-forte aux laboratoires avec 21 collègues libérales. "En plus de notre travail, on se rend disponible deux par jour pour les laboratoires, explique la praticienne qui s’est formée notamment sur l’hygiène et la sécurité mais aussi le process pour pratiquer le test correctement et éviter au maximum les faux négatifs. Pour ça, il faut atteindre la zone nazo-pharyngée, ce qui occasionne normalement quelques larmes. Hier, notre réseau d’infirmières libérales, né du Covid, a réalisé pas moins de 100 tests." Des renforts bienvenus dans des laboratoires en proie à un surcroît d’activités (+60 % chez Top Bio) au cœur des vacances. Depuis que le gouvernement a permis et remboursé le test PCR même sans ordonnance, le nombre de tests a doublé. "Avec la reprise de l’épidémie, on est aussi missionné par l’ARS pour réaliser les tests dans les établissements médico-sociaux, Sur la première quinzaine d’août, on a réalisé 730 tests contre 206 la première quinzaine de juillet, reprend Joël Tuech. Et ça continue à augmenter. D’autant que désormais, il va falloir concilier ça avec le reste de l’activité traditionnelle du laboratoire."
Si le système semble sous tension, notre prélèvement n’en souffrira pas. D’ailleurs, point de douleur au moment de se faire tester, juste un inconfort et une sensation désagréable. Le plus long sera finalement le volet administratif. "C’est très lourd pour les équipes, assure Joël Tuech. Nous devons fournir tous ces renseignements à la base de données du SI-DEP, le système d’information national." Nos résultats abonderont ce vaste fichier dans un peu plus de deux jours.

Les centres de dépistage en HP

Afin de trouver où vous faire tester, mieux vaut prendre la carte de l’ARS avec des pincettes. Bien que "régulièrement actualisée", la liste comporte des absences (comme le centre dépistage mis en place à St-Lary) mais aussi des erreurs, à l’image des centres Covid de Tarbes, Lourdes, Bagnères, Lannemezan et Vic qui apparaissent encore mais sont fermés depuis des semaines désormais. Il est possible de se faire dépister dans les laboratoires privés de Maubourguet (Les Biologistes Associés), Vic-Bigorre, Lannemezan (Biomedica et Cerballiance), Bagnères, Argelès, Lourdes (place du Champ commun et place de la République), Séméac, Tarbes (rue Destarac, chemin de l’Ormeau, rue Larrey mais pas avenue Bertrand Barère comme indiqué par l’ARS où le laboratoire est fermé). De même, aucun test n’est pratiqué pour l’heure à l’hôpital de Tarbes, contrairement à ce qui est mentionné sur le site de l’ARS.

A l’Ehpad de Saint-Laurent, le retour des visites protégées

Vendredi matin, le soulagement dominait à l’Ehpad Val de Neste à Saint-Laurent. "Jeudi13, nous avons appris qu’un proche qui avait rendu visite à une résidente était positif, raconte la directrice José-Pascale Bruni. Nous avons mis cette personne à l’isolement et fait tester l’ensemble du personnel et des cas contacts, tout en rehaussant notre niveau de protection en termes d’équipement." Au final, l’ensemble des tests s’est révélé négatif. "Néanmoins, nous sommes revenus à des visites protégées, c’est-à-dire sur rendez-vous, à l’accueil, avec deux tables espacées pour éviter que les proches n’enlèvent leur masque ou n’oublient les gestes barrières. C’est à ce prix-là qu’on évitera de confiner nos résidents." Un dispositif qui perdurera tant que la situation sanitaire ne s’améliorera pas.
Andy Barréjot

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